Dr. Alafuele Mbuyi Kalala
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Le 15 septembre 2014
Lettre ouverte aux Parlementaires congolais.
Honorables Députés Nationaux ;
Honorables Sénateurs ;
Je me permets de vous écrire une lettre
personnelle, car j’ai appris récemment que le Gouvernement congolais vient de
saisir officiellement le Parlement pour lui demander de procéder à une révision
constitutionnelle afin de permettre à M. Joseph Kabila Kabange d’avoir la possibilité
de se présenter pour la troisième fois à l’élection présidentielle en 2016.
Il me revient de vous rappeler que j’ai siégé
à l’Assemblée Constituante en 2005 et qu’à ce titre, sur les 780 amendements
soumis à l’Avant-Projet de la Constitution, j’en avais personnellement soumis
80.
La rédaction de la Constitution est, pour un
pays, un travail d’une importance primordiale et si l’on nous en avait donné le
temps, j’aurais réécrit et reformulé en profondeur l’Avant-Projet de la
Constitution. J’ai participé à tous les débats essentiels et j’ai examiné tous
les arguments et les contre-arguments. Dans la foulée, j’ai lu un bon nombre de
Constitutions de ce monde et la tendance actuelle dans les Etats démocratiques
est de limiter les mandats présidentiels à deux mandats de cinq ans au maximum.
Au Congo, qu’on ne vous y trompe pas ! Il n’y a pas un seul argument qui mérite
la révision de la Constitution de 2005 afin de permettre à M. Joseph Kabila
Kabange de se représenter encore en 2016.
En 2016, M. Joseph Kabila Kabange aura
totalisé 15 ans en tant que Président de la République Démocratique du Congo.
Si un homme n’a pas pu réaliser en dix ans, l’essentiel de ce qu’il espérait réaliser
pour une société au sommet de l’Etat, rien ne permet de penser qu’il pourrait réaliser
davantage en prolongeant son mandat. M. Joseph Kabila Kabange aura eu la chance
énorme de présider à la destinée du Congo pendant quinze ans et rien ne
justifie de modifier la Constitution afin de lui permettre de perdurer encore
au pouvoir.
Je formule finalement l’espoir que vous puissiez, en toute conscience,
prendre la décision que vous estimerez être dans l’intérêt supérieur du Congo
et de l’Afrique. N’agissez pas dans la précipitation ; ne cherchez pas à
plaire à un homme et sachez qu’en touchant à la Constitution d’un pays, c’est
l’avenir de plusieurs générations que vous mettez en jeu.
Je vous prie d’agréer, Honorables Députés
Nationaux, Honorables Sénateurs, l’assurance de ma considération distinguée.
Dr. Alafuele Mbuyi Kalala,
Député National Honoraire,
Candidat à l’élection présidentielle 2006,
Président/Rassemblement pour une Nouvelle
Société (RNS)

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